Busy shopping street of Nanjing in Shanghai

China De l’incroyable endurance des chinois

C’est fou ce que sont capables d’endurer les Chinois de ce qui pour nous, Occidentaux, relève de l’inconfort, du désagrément, voire de la torture.

L’environnement sonore, le bruit est particulièrement remarquable et représentatif. Tout fait du bruit. Chaque objet, chaque action.

Ce qui frappe en premier dans la rue, c’est l’usage constant du klaxon. Un véhicule qui dépasse un autre véhicule, un vélo, une mobylette klaxonne. Non pas qu’il y ait un danger particulier, mais juste pour signaler sa présence, pour prévenir de son passage.

Chez nous le klaxonne est un avertissement un peu plus formel d’un danger potentiel ou le plus souvent un reproche pour signaler que l’autre a commit une erreur ou une imprudence ; il est en tout cas une violente interpellation, une agression. Alors qu’ici, en Chine entre autres pays, le coup de klaxonne n’est accompagné d’aucune émotion, d’aucune autre intention que de signaler sa présence. C’est une information. Il ne sera d’ailleurs suivi d’aucune conséquence car il n’y avait en effet pas de danger, pas de risque de collision : les autres usagers feront juste attention. A cela s’ajoute néanmoins le coup de klaxonne qui signale un réel risque.

Tous ces bruits multipliés par le nombre de véhicules dans un trafic particulièrement dense, il en résulte donc une cacophonie constante qui pour nous est irritante, agressive et insupportable.

Le bruit n’est pas seulement une habitude, mais il semble être un besoin.

Il suffit pour le comprendre d’entendre le signal de mise en route de l’alarme d’un scooter. C’est une longue sérénade d’au moins une trentaine de secondes de multiples tonalités enchaînées. Un véritable supplice, reproduit encore une fois par autant de véhicules… Plutôt qu’un bip ou double bip qui suffirait, il y a une réelle volonté de faire du bruit. La nuisance est-elle voulu ? Non, tout simplement, ce bruit n’est pour le Chinois pas une nuisance, dont il en a apparemment pas la notion, c’est juste un bruit.

Bien au delà du son, il s’agit bien de bruit.

Que ce soit un individu qui chante dans un parc sur une musique jouée par un ampli (voir/écouter mon article précédent), ou un magasin qui diffuse de la musique, le volume sera toujours poussé à un niveau de saturation. Il faut que ce soit fort, au détriment de la qualité sonore. Ainsi toute musique ou son devient bruit. Dans quel but ? Dans le but de s’élever au dessus des autres bruits ambiants, et de toujours attirer l’attention. On assiste donc à une escalade, une surenchère permanente du niveau sonore.

La nuisance du bruit, dans l’indifférence.

Les bruits se répandent dans quatre dimensions : le volume de chaque bruit, l’intensité de tous les bruits, l’omniprésence spéciale et temporelle.

Ce vacarme permanent fait donc partie intégrante de l’environnement urbain, pour lequel les habitants ont développé une immunité sidérante. Une capacité de résistance et une indifférence consternante.

En témoigne les nombreux son émis par les uns et les autres dans les espaces publics. Ainsi, il est normal de jouer de la musique avec son téléphone portable dans le bus, le train, dans la rue. Il en va de même avec les effets sonores de jeux vidéos sur téléphone. Il est rarissime de voir quelqu’un dans les transports lire un bouquin ou un journal. Ben non, ça fait pas de bruit… ! Dans les lieux publics ou les restaurants, la télévision gueule au volume maximum et saturé. Les gens ont l’habitude de s’interpeller et de se parler à grande distance en hurlant. Ne parlons pas de la discussion par téléphone, où les gens hurlent encore plus… Les Chinois aiment le bruit. Tout doit faire du bruit…

La Chine n’est-elle pas le pays du pétard et du feu d’artifice… ?

L’indifférence du Chinois à son environnement s’étend bien au delà de l’aspect sonore.
Les Chinois semblent avoir une zone intime particulièrement restreinte voire inexistante. En surnombre et en forte densité, il n’est pas rare de les voir s’entasser dans les transports en commun, se montant les uns sur les autres sans sembler incommodé… Déambuler dans une rue commerçante surpeuplée où il est presque impossible de bouger n’est pas un problème pour eux.

Il est aussi tout à fait normal de cracher, en s’étant préalablement et très bruyamment raclé la gorge, et ce dans la rue, dans le bus, à la maison, au bureau. Les autres pets et rots sont aussi parfaitement anodins, et personne ne se retourne. C’est très drôle d’en faire l’expérience…
Ainsi dans la rue, il faut être très prudent en croisant ou dépassant quelqu’un, de risque de se prendre un beau crachat. C’est affligent à quelle point tette pratique est omniprésente et fréquente.

Dans le même chapitre, on peut noter que les bébés et enfants en bas âge n’ont pas de couches culottes. Ils sont habillés d’un pantalon ouvert au derrière. En cas de besoin, en tout lieu et toute circonstance, le parent prend l’enfant en lui relevant les jambes pour qu’il se soulage. Il m’est arrivé de voir un père tenir sont enfant pour pisser en haut de trois marches à l’entrée d’un centre commercial, en dirigeant le jet vers le trottoir dans l’indifférence des passants, alors que pourtant il ne leur était plus possible de passer sans prendre une douche… remarquable… mais inquiétant.

Jusqu’où peut-on aller ? Qu’est-ce que les Chinois peuvent se faire subir avant de ressentir de l’inconfort, de la gêne ?

La limite semble être bien loin. Et c’est ainsi que les Chinois sont capables de travailler comme des brutes 60 heures par semaines dans des usines, dans des conditions déplorables pour fabriquer des iPhone à la chaîne, entre autres…

Et si jamais cela venait à changer, le reste du monde aurait bien du soucis à se faire…

2 thoughts on “De l’incroyable endurance des chinois

  1. bernard

    voila une vision de la chine que les médias se gardent bien de donner, cependant cela ne m’étonne pas au regard du comportement des chinois dans nos pays
    on peut espérer qu’avec tant de bruit partout ils seront sourds très jeune et par conséquent perdront de leur compétivité
    cela ne me donne pas envie d’y aller!

    Reply
  2. Pingback: Trains chinois: plus 50 heures de trajet en quelques photos | Non-Breaking Space

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